Poésie spirituelle

Les Marionnettes

Les Marionnettes

1.-  Thai, thai, thai, thai,thai, homme de paille,

Regardes le spectacle « thamasha » (1) de cette marionnette,

O Jiva, écoute la longue histoire

De son passé, de son futur, et derrière, et devant !

2.- Elle commence par rouler dans les eaux visqueuses

Des entrailles d’une mère, prison obscure,

Puis, elle en sort en pleurnichant, tandis qu’autour d’elle

On lui sourit et on lui fait fête !

3.-« Oh ! Quelle tragédie, je suis née à nouveau ! »

Elle le sait, et pleure longuement et se débat

Mais on la caresse pour tenter de la faire rire !

4.- Elle se vautre allègrement dans sa propre saleté

Sans aucune honte.

Elle se lève et trébuche à chaque pas,

Jouant le rôle d’un tout petit,

Jouant chaque jour une pièce puérile.

5.- Elle gambade et sautille

Avec des bandes de copains,

Elle apprend mille ruses et mille farces,

Et elle devient si grande et si grosse,

Si forte et si belle, d’année en année…

6.- Elles vont deux par deux, font les tourtereaux.

Et voient la vie en rose !

Elles chantent sur un ton jamais entendu auparavant,

Et vident d’un trait leur coupe unique, à l’étrange breuvage !

7.- C’est « Brama » qui fabrique par paire des millions

Et des millions de poupées,

Mais cela notre marionnette ne le sait pas

Lorsqu’elle joue avec elles ! Thim ! thim ! thim !

8.- Cette poupée –maya, comme le bœuf sacré,

Est attachée aux narines par la corde de « thamas »

La luxure et la colère sont les fouets qui frappent le dos de cette esclave !

9.- Elle se réjouit, l’air triomphant, lorsqu’une autre s’arrête

Devant elle, et elle frissonne d’horreur !

Elle inflige tant de douleur aux autres, mais pour elle,

N’en supporte pas la moindre !

10.- Elle jure et crie, et agite ses bras

Et s’impatiente, les yeux injectés de sang.

Quel spectacle incroyable que cette colère du diable !

11.- Elle scande et  épelle, et griffonne et potasse,

Sans même savoir pourquoi.

Elle court de tous côtés, glanant de ci de là,

Bon gré, mal gré

Une peu de pain pour sa bedaine.

12.- Ah ! Avez-vous vu cette bizarre petite poupée !

Avec tant de le livres dans le ventre,

Tournant au vert et se tordant de jalousie,

Lorsqu’elle en croise une autre qui en sait plus long !

13.- Et vous devriez entendre son gloussement secret,

Lorsqu’un honteux besoin sensuel

Vilain, cupide, et tapi là,

Est satisfait dans le pêché.

14.-Elle tapote fièrement quoi ? Son propre dos

Pour sa beauté, ses muscles et sa vitalité,

Alors que, sans s’arrêter, elle court vers la sénilité.

15.- Elle chancelle et bat les paupières, entre plis et rides,

Et les enfants lui crient « Vieux singe, Vieux singe ! »

Elle ouvre la bouche toute grande sur un sourire ébréché,

Et ses os craquent, et font un bruit !

16.- Jusqu’à la fin, elle tremble de peur, usée et

Pleine d’accrocs.

Tu halètes et tu gémis, poupée de son,

Mais à quoi cela sert-il ?

C’en est fait de toi…

17.- Aha ! L’oiseau ! Il bat des ailes,

Et il s’envole, Brr… Et sort de sa cage de peau,

Qui se raidit, vidée.

Oh ! Enlevez ça d’ici ! Elle est toute boursouflée et elle empeste !

18.- Les éléments retournent à leurs cinq parents,

Et la poupée de désirs devient cendre et poussière.

Pourquoi pleurer, sots que vous êtes, lorsque l’un de vous,

Tombe sur la scène encombrée ?

19.- Oncles, cousins, tantes et amis

Défilent, l’air lugubre dans sa chambre.

Mais, hélas, la poupée-maya a complètement oublié son meilleur parent.

Le non du Seigneur, seul Rédempteur…

20.- O, Jiva, ne t’appuies pas sur ce fragile roseau

Il suffit que tu éternues… et cette frêle embarcation

Qui a trois fois trois trous,

Te précipitera au beau milieu du courant.

21.- Cette marionnette pleure et dort, et se réveille

Lorsque les mains invisibles tirent les ficelles.

Ce sont celles du Seigneur, qui est là derrière le rideau

Mais la poupée jure que c’est elle !

22.- « Dharma » et « Karma » sont les ficelles

Qu’Il tend ou détend.

Mais elles ne le savent pas, ces poupées

Qui se pavanent en se croisant sur les planches.

23.- Elles croient que le monde est durable,

Cette pauvres idiotes qui se rengorgent

Mais, en un clin d’œil, Il balaie tout, et le spectacle prend fin.

Dehors, l’orgueil et la pompe !

24.- O ! Jiva : tu es passé

De la fourmi au serpent, du serpent à l’oiseau,

Dépêche-toi de découvrir enfin le chemin du bonheur éternel !

25.- Mais quelle chance tu as ! Maintenant ! Tu peux voir

Sai Krisna ! Il est là !
Rapproche-toi de Lui et tu comprendras le quoi,

Le pourquoi et le comment.

26.- Des milliers de paroles habiles et douces

Pourront-elles jamais apaiser ta faim ?

Allume plutôt la lampe de ton âme

Pour qu’enfin libre, tu puissse sortir et aller jouer…

27.- Cette chanson de la poupée de son

Rend le « Jiva » triste, mais sage.

Je le sais, Jiva ! Regarde le « leela » (2) grandiose

De Sathya Sai Nath (3), et …connais-toi toi-même !

Bagavan Sri SATHYA SAÏ BABA. 

(1) – Thamasha : comique

(2) – Leela : Le jeu du Seigneur, le théâtre étant l’univers et les individus, les marionnettes.

(3) – Nath : Le Maître, le Seigneur.